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Un appareil se démonte avant de se remplacer

Avatar de Ombeline Vaugrenard

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4 min de lecture 5,0 (15 avis)

Un grille-pain qui ne chauffe plus d’un côté, un mixeur qui cale, une bouilloire qui fuit par la base : le réflexe le plus répandu est de jeter et de racheter, souvent le jour même. Après quinze ans à éplucher des budgets familiers, je peux dire une chose sans me tromper : la moitié de ces appareils auraient tenu deux ou trois ans de plus pour le prix d’une pièce détachée.

Regarder avant de jeter

Le premier geste n’est pas d’ouvrir l’appareil mais de lire son étiquette. Depuis le décret n° 2020-1757, un indice de réparabilité noté sur 10 accompagne certains produits électroniques et électroménagers vendus en France : lave-linge, téléviseurs, smartphones, tondeuses. Il indique si des pièces détachées existent, si un plan de démontage est public et si le prix des pièces reste raisonnable face au produit neuf. Un indice au-dessus de 6 ou 7 signale presque toujours un appareil qu’un particulier peut ouvrir sans risque.

Cet indice ne s’invente pas au moment de l’achat : il faut le retrouver, souvent sur la fiche produit du fabricant ou du vendeur. Pour un appareil plus ancien qui n’en portait pas, la question se pose autrement : la panne touche-t-elle une pièce d’usure connue — un joint, une résistance, un roulement — ou une carte électronique complexe. Dans le premier cas, la réparation reste presque toujours accessible.

La pièce détachée coûte moins que l’appareil neuf

Un fournisseur de pièces détachées classées par marque et par référence permet, dans la majorité des cas, de retrouver la pièce exacte pour quinze à quarante euros, quand l’appareil neuf en coûte cent cinquante. Le geste demande un tournevis, une notice trouvée en ligne et vingt minutes un dimanche après-midi. Ce n’est pas un talent réservé à quelques bricoleurs : c’est une case cochée avant celle du panier.

Le fonds réparation, financé par les éco-organismes de la filière électronique et électroménager, réduit en plus le coût d’une réparation faite par un professionnel labellisé, sans qu’il soit nécessaire de connaître soi-même le geste. Une réparation en atelier reste ainsi souvent moins chère qu’un achat neuf, à condition de la demander explicitement au réparateur, qui applique la remise directement sur la facture.

Le seul investissement réel est un petit jeu de tournevis et de pinces, qui sert ensuite pour tous les appareils du foyer pendant des années. Ce n’est pas un outillage de professionnel : un tournevis cruciforme, un tournevis plat fin et une pince à bec suffisent pour ouvrir la grande majorité des petits appareils électroménagers vendus en France.

Quand la réparation ne suffit plus

Il arrive qu’un appareil cumule les pannes, ou que la pièce introuvable rende la réparation illusoire. Dans ce cas, mieux vaut l’admettre franchement que s’entêter sur un objet devenu un puits sans fond. Mais ce constat doit venir après avoir cherché la pièce, pas avant : la plupart des foyers sautent cette étape par habitude, non par nécessité.

Un Repair Café local, tenu par des bénévoles, permet aussi de faire diagnostiquer un appareil gratuitement avant de trancher. On y apprend souvent qu’une panne jugée fatale ne tenait qu’à un fusible interne remplaçable en cinq minutes.

Le bon endroit, quand il faut vraiment jeter

Un appareil réellement irréparable ne se dépose pas dans la benne à ordures ordinaire. La filière des déchets d’équipements électriques et électroniques, la DEEE, organise sa collecte : points de reprise en magasin lors d’un achat équivalent, déchèterie municipale, ou collecte associative qui démonte l’appareil pour en récupérer les métaux et parfois les pièces encore valides. Ce circuit évite qu’un moteur ou une carte encore fonctionnelle finisse enfouie alors qu’elle aurait pu réparer l’appareil du voisin.

Passer par cette filière, plutôt que par l’encombrant laissé sur le trottoir, ne coûte rien et prend le même temps qu’un trajet déjà prévu vers la déchèterie. C’est le dernier geste d’un appareil qu’on a d’abord cherché à sauver, pas le premier réflexe d’un foyer pressé. Pour la suite du budget du foyer, les abonnements oubliés méritent la même attention qu’un appareil en panne : personne ne les répare, mais tout le monde peut les arrêter.


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